Comment initier quelqu’un à Magic ?

Comment initier quelqu'un à Magic ?

Vous en avez longuement discuté. Elle était réticente au début, mais vous avez finit par la convaincre que ça serait bien d’essayer, pour le bien de votre couple. Du coup, vous vous posez pas mal de questions : doit-on faire ça seuls ou inviter des amis ? Qu’est-ce qu’il faut préparer ?

Car ce soir c’est le grand soir : votre compagne va essayer Magic The Gathering.

(Bref, ça marche aussi avec quelqu’un de la famille, mais ça aurait donné une introduction un peu dérangeante.)

Ça peut sembler un peu surprenant, mais on voit pas mal de questions sur les forums de la part de joueurs qui ne savent pas très bien comment réaliser la 1ère partie de Magic d’un non-initié. C’est un peu normal : toi qui connaît la pile, qui gère la meta et qui joue UG Madness vs Landstill UGb sans une goutte de sueur… Sans t’en rendre compte, tu parles chinois aux moldus.

D’ailleurs, on va garder le terme « moldu » pour désigner un débutant, non-inité, nouveau joueur, etc… Référence à Harry Potter, tout le monde suit, c’est bon ?

Alors c’est parti : comment initier quelqu’un à Magic ?

Planter le décor

Bon, toi tu t’en fiche sûrement, mais pour un moldu (nouveau joueur), un peu de contexte ça ne fait pas de mal. Pas la peine de retracer toute l’épopée d’Urza, Gerrad et Karn… Mais au moins expliquer la base du jeu :

Dans Magic, on est des planeswalkers : de puissants magiciens capables de lancer des sorts pour écraser nos ennemis.

Jaya Ballard, mage de force

Voilà, c’est tout, ça suffit.

Après, plus sérieusement, il est également possible d’expliquer le principe du multivers : les sorts qu’on lance appartiennent à des mondes différents, etc. Mais c’est un peu chaud à expliquer simplement.

1) Expliquer le principe de base du jeu

Bon, une fois le décor planté, on peut rentrer dans le vif du sujet : comment ça se joue concrètement, Magic ?

Pour cette partie de l’article, on va sûrement aborder des trucs vraiment simplistes. Mais gardez à l’esprit que ce qui est évident pour vous ne l’est pas du tout pour un moldu.

Expliquer les conditions de victoire

Le reste de vos explications sera beaucoup plus clair si vous commencez par expliquer le but du jeu : comment on gagne la partie ? Pourquoi on joue ?

Nous sommes des magiciens qui ont chacun 20 points de vie. L’objectif sera d’être le dernier survivant et de descendre les points de vie des adversaires à zéro.

Pas la peine d’expliquer les combos infinis, les conditions de victoire alternatives, etc… On se concentre sur l’essentiel.

Comment jouer les cartes

Bon, là on rentre dans le vif du sujet : Magic, comment ça se joue concrètement ? On a expliqué qu’on était des magiciens capables de lancer des sorts. Maintenant, il faut expliquer comment on fait.

Pour ce passage, je vous conseille de vous munir de plusieurs types de cartes :

  1. Une créature sans capacité
  2. Un enchantement simple
  3. Un rituel simple
  4. Un éphémère simple
  5. Pas de planeswalker (sérieux, il débute le moldu, soyez cool)

Présentez ces types de cartes dans l’ordre ci-dessus. En effet, je me suis rendu compte que présenter la créature en premier était le plus facile : les moldus se représentent plus facilement une créature qu’un éphémère.

Bien entendu, c’est à ce moment-là que vous expliquez comment payer le coût d’une carte avec du mana.

Grizzlis

Ensuite, expliquez ce qu’est un enchantement : comme la créature, il reste sur le champ de bataille après avoir été joué.

Ensuite, expliquez ce qu’est un rituel : on le joue, mais il va immédiatement au cimetière.

Enfin, expliquez ce qu’est un éphémère : c’est comme un rituel, mais on peut le jouer n’importe quand.

BOUM, quelle parfaite transition vers la suite !

La structure d’un tour

Là, le mieux, c’est encore de prendre un bon vieux bout de papier, un dessous de verre, du papier toilette, le front de votre voisin… et d’y noter la structure d’un tour, tout bêtement :

  1. Étape de dégagement
  2. Entretien
  3. Étape de pioche
  4. Première phase principale
  5. Combat :
    • Déclaration des attaquants
    • Déclaration des bloqueurs
    • Dégâts
    • Fin du combat
  6. Deuxième phase principale
  7. Étape de fin

N’hésitez pas à écrire les phases principales d’une couleur différente pour bien montrer quand est-ce que la majorité des cartes pourront être jouées. Ce sont tout de même elles qui rythment le tour.

La pile

Bon, c’est jamais évident de parler de la pile sans rentrer dans le détail.

Si le moldu que vous initiez commence déjà à montrer des signes de faiblesse, resservez-lui une bière et passez à la suite.

Si le moldu est vaillant, expliquez-lui simplement qu’il est possible de « répondre » grâce aux éphémères et aux capacités. Vous pouvez faire une mini démonstration avec une créature, un tue-bête et un sort de protection.

Dans tous les cas, ne parlez pas de la priorité ou du joueur actif, des vérifications basées sur des états, etc… On s’en fiche un peu pour l’instant.

Rules Lawyer

Et si jamais vous avez vous-même besoin d’un coup de pouce, j’ai le tuto parfait pour vous : La pile pour les nuls.

2) Choisir un deck et un format

Bon, déjà, je dois absolument parler d’une chose : initier quelqu’un avec un deck Commander, c’est une très mauvaise idée. Chaque carte est différente, ce qui signifie que le moldu va devoir assimiler chaque carte qu’il pioche. Rien que pour ça, c’est difficile. De plus, les cartes jouées en Commander sont généralement plus complexes que celles jouées dans d’autres formats comme le Modern ou le Standard.

Donc, pas de Commander. Même si c’est un format casual.

Alors, qu’est-ce qu’on donne au moldu pour qu’il puisse s’amuser sans trop se prendre la tête ?

Les decks de bienvenue

Ça, c’est le top du top. Les decks de bienvenue sont des decks de 30 cartes offerts gratuitement dans les magasins.

Ils ont été créés spécifiquement pour les moldus : les sorts sont simples, faciles à comprendre et toutes les capacités sont expliquées. De plus, on les trouve facilement en français.

Deck de bienvenue Magic

Enfin, cerise sur le gâteau : ils contiennent tous un petit fascicule sur lequel vous avez la structure d’un tour et le détail des différents types de cartes.

Honnêtement, c’est le meilleur support pour faire essayer Magic The Gathering. Sur ce coup là, Wizards a réussi à se rendre accessible.

Deck Standard ou Modern

Bon, si vous n’avez pas de deck de bienvenue, un deck Standard ou Modern fera l’affaire.

J’aurais tendance à encourager le deck Standard : en effet, les cartes qui le composent appartiennent à deux mondes différents seulement. Cela signifie qu’on retrouvera les mêmes capacités et des mécaniques récurrentes.

Si vous n’avez que des deck Modern, essayez au moins d’en choisir un facile à jouer. Évitez les decks avec trop de couleurs ou qui jouent sur les réponses : Dimir, Grixis, Blink, etc. Un bon gros zoo ou un burn fera l’affaire.

Monstrosaure chargeur

Quoi qu’il en soit : privilégiez des decks avec des cartes françaises. Car même si le moldu se débrouille en anglais, les capacités n’ont pas le même nom.

3) Désigner un joueur aidant

On est sur le point de lancer la partie.

Je conseille de désigner un joueur expérimenté, patient et pédagogue qui restera avec le moldu pour l’aider, au moins sur la première partie. Même si jusque là vous avez bien tout expliqué, c’est super dur de se rappeler de tout au moment de jouer.

Mentor du monastère

 

Bien entendu, le joueur aidant ne devra pas jouer à la place du moldu. Il sera là pour conseiller, ajuster le tir en cas de problème de règle et surveiller que la structure d’un tour est bien assimilée.

4) Pendant la partie

OK, la partie est lancée ! Vous pouvez jouer en duel ou en multijoueur : troll à deux têtes, mêlée etc… Évitez juste les modes de jeu un peu trop complexes.

Je conseille également de ne pas jouer à plus de 4 joueurs, après ça fait beaucoup d’informations et les tours sont trop longs.

Quelques derniers conseils pour profiter d’un bon moment avec le moldu (qui n’en est plus tout à fait un, héhé) :

  • Penser à bien expliquer vos cartes quand vous les jouez, que vous soyez adversaires ou alliés. Ne rentrez pas dans le détail, mais expliquez simplement ce que c’est et ce qu’elles font.
  • Ne donnez pas non plus trop d’informations d’un coup. Prenez votre temps pour jouer.
  • Je me sens un peu bête de devoir le préciser, mais soyez fair-play. N’essayez pas d’impressionner le moldu avec un combo qui va prendre 5 minutes : il ne va rien piger et ça va l’ennuyer. Ne l’écrasez pas non plus tour 3 avec un Emrakul, Déchirure des Éons.
  • Laissez le moldu jouer seul : ce n’est pas grave s’il se plante, fait des erreurs ou n’optimise pas son mana. La plupart des moldus préfèrent se débrouiller, quitte à faire des erreurs, plutôt qu’on joue à leur place. Faites-lui un débrief après-coup.

5) Après la partie

Enfin, après la partie, ne soyez pas obséquieux : il n’y a rien de pire que de s’entendre dire « Oh ben dis donc, elle a bien joué ! Elle est forte hein, oh là là… ». C’est pas un gamin qui vient de faire caca sur le pot.

Félicitez le nouveau joueur, mais laissez-lui le temps de digérer. Et si jamais il veut arrêter, c’est pas grave : il vient d’encaisser un paquet d’informations d’un coup. Ne lui forcez pas la main.

Conclusion

Voilà, j’espère que cet article vous aidera à conclure avec votre compagne, votre nouveau collègue, votre cousine, etc… et qu’il appréciera le jeu ! Magic The Gathering est assez complexe à appréhender, mais c’est aussi ce qui fait sa force : on ne s’en lasse pas, même après des années.

Et si jamais le moldu veut devenir un vrai magicien, n’hésitez pas à lui transmettre l’adresse de ce blog ! Il y a plein d’infos pour se lancer dans la section : Bien débuter Magic.

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À bientôt 🙂

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