Comment créer son propre deck Magic ?

Créer deck Magic

Vous connaissez Magic et vous voulez créer votre propre deck, mais sans savoir par où commencer ? C’est normal. Tous les nouveaux joueurs finissent forcément par arriver à cette étape cruciale où il est temps de se poser avec une feuille, un crayon, et de réfléchir à créer son propre deck de A à Z. Quelles cartes doit-on mettre dedans ? Quelles couleurs ? Combien cela va-t-il coûter ? Par où commencer ? Comment créer un bon deck Magic ?

Pas de panique, ce guide ultime de la création de deck pour débutant va vous apporter, pas à pas, la méthodologie nécessaire pour créer votre premier deck.

Sommaire du guide :

  1. Choix du format
  2. Choix du type de deck
  3. Choix des couleurs
  4. Choix d’une plateforme de création
  5. Choix des cartes
  6. La courbe de mana
  7. Choix des terrains

1) Choix du format de jeu

La première question à se poser lorsqu’on souhaite créer un bon deck Magic, c’est bien sûr : en quel format le deck devra-t-il être joué ? Il existe de nombreux formats à Magic, et chacun de ses formats possède des restrictions qui lui sont propres.

Pourquoi se poser cette question lorsqu’on joue en casual ? Quitte à passer du temps et de l’argent dans un deck, je recommande que ce dernier soit valide dans un format afin d’être capable de jouer avec d’autres gens de votre niveau dans une boutique. C’est un peu une convention qui simplifie le matchmaking, si vous préférez !

Voici les différents formats actuellement existants qui permettent de créer votre propre deck :

Bloc : il s’agit du plus restreint des formats. Seules les cartes issues du dernier bloc sorti sont autorisées. Un bloc se compose des deux dernières extensions qui se déroulent dans le même univers. Les cartes changent donc en permanence.

T2 (aussi nommé Standard) : très proche du Bloc, il s’agit simplement des deux derniers blocs sortis. Là encore, les decks sont obligés de se renouveler très régulièrement.

Modern : Créé récemment, ce format autorise toutes les cartes sorties depuis la 8ème édition et toutes les cartes à venir, à l’exception de quelques cartes bannies car jugées trop fortes. C’est le format que je suggère généralement pour jouer Casual. Il est très libre, plutôt équilibré et le grand nombre de cartes disponibles permet de créer des decks très différents.

Legacy : Toutes les éditions sont autorisées, à l’exception de quelques cartes bannies. C’est un format très compétitif, très coûteux, que je ne recommande pas pour les nouveaux joueurs.

Vintage : Très proche du Legacy, mais avec moins de limitations et encore plus coûteux. Les gens qui y jouent sont de dangereux psychopathes.

Il existe également de nombreux formats Magic alternatifs, créés par les joueurs. Parmi eux, il y en a un que je recommande particulièrement :

Commander : ce format est très original et particulièrement adapté aux parties multijoueurs Casual. Les decks sont composés de 100 cartes différentes dont une créature légendaire qui détermine les couleurs et la stratégie du deck. Les parties sont explosives et les erreurs moins punitives que dans les autres formats. Si vous vous voulez en savoir plus, voir l’article : Commander, qu’est-ce que c’est ?

Lotus Noir Vintage Master Magic The Gathering

2) Choix d’un type de deck

Dans Magic The Gathering et quel que soit le format, lorsqu’on souhaite créer un bon deck, la seconde question à se poser c’est : qu’est-ce que j’ai envie de faire avec mon deck ? C’est souvent ici que les nouveaux joueurs rencontre la première difficulté pour se décider.

Normalement, lorsqu’un joueur décide de se lancer dans la création de deck, il sait déjà ce qui lui plaît dans une partie : est-ce qu’il aime attaquer avec des grosses créatures ? Détruire l’adversaire le plus vite possible ? Immobiliser les menaces ? Contrôler la partie ? Si vous ne savez pas encore ce que vous préférez, je vous recommande de lire l’article pour débuter Magic et de continuer de vous entraîner avec des decks d’introduction jusqu’à identifier votre style de jeu favori.

Voici les différents types de deck que vous pouvez créer :

Les decks aggro

Il s’agit de decks qui iront généralement tuer l’adversaire le plus rapidement possible, généralement avant le tour 5. Ces decks jouent de nombreuses petites créatures avec la célérité, capables d’infliger de très lourds dégâts rapidement. Ces decks prennent souvent le risque de se blesser eux-même ou d’avantager l’adversaire sur le long terme.

Guide gobelin Magic The Gathering

Les decks contrôle

Complètement opposés aux decks aggro, les decks contrôle essaieront de faire durer la partie le plus tard possible afin de prendre l’avantage et de terminer leur adversaire avec de grosses créatures difficile à bloquer. Ce sont des decks assez difficiles à jouer car il faut être capable d’anticiper les actions adverses afin d’y apporter la bonne réponse.

Un adage que j’aime répéter : « Dans Magic, il n’y a pas de mauvaises menaces, mais il peut y avoir de mauvaises réponses. » Le deck aggro n’a qu’à poser ses menaces et attaquer avec. Un deck contrôle, lui, doit être capable de gérer les menaces adverses sans se fatiguer.

Commandement cryptique Magic The Gathering

Cependant, les decks contrôle sont également les plus intéressants à jouer sur le long terme. Lorsqu’un deck aggro fera souvent les mêmes actions au bout de dix parties, un deck contrôle se renouvelle en permanence (ceci est un avis subjectif).

Les decks midrange

Ces decks tentent de s’accaparer le meilleur des deux mondes. Il s’agit de decks capable à la fois d’agresser les decks contrôle et de contrôler les decks aggro. Le cul entre deux chaises, ils brillent dans le milieu de partie, entre les tours 3 et 6. Ils sont polyvalents, capables de s’adapter à toutes les situations mais difficiles à concevoir.

Rhinocéros de siège Magic The Gathering

Les decks midrange utilisent généralement des créatures efficaces et capable de générer un fort card advantage : l’adversaire aura souvent besoin de deux cartes pour les détruire.

Les decks combo

Ce sont des decks qui ne feront rien de particulier jusqu’à ce qu’ils gagnent la partie en 1 tour sans vous laisser l’opportunité d’y répondre. Assez rageants, frustrants, ils n’apportent que la misère, le désespoir et… non, je dois rester objectif. Hum hum. On reprend.

Les decks combo reposent sur une combinaison de cartes qu’ils s’efforceront d’aller chercher dans leur bibliothèque. Cette combinaison, une fois correctement lancée, apportera généralement la victoire d’un coup.

Si vous êtes un joueur qui aime lire le désespoir dans les yeux embués de larmes de vos adversaires, une liste complète des combos trouvées existe ici !

3) Sélectionner les couleurs du deck

Une fois le type de deck choisit, le choix des couleurs est également une étape cruciale pour la création d’un deck Magic. Parfois, cette étape intervient même avant de choisir le type de deck.

Pentagramme couleur Magic The Gathering

Dans Magic, il existe 5 couleurs avec chacune leur propre identité, que l’on nomme aussi le pentagramme des couleurs.

Blanc

Le blanc est la couleur de la paix et de la justice. C’est une couleur qui cherchera à contrôler l’ensemble du champs de bataille, d’empêcher les créatures adverses d’attaquer. Les cartes apportent du gain de vie et de la protection. Le blanc possède par ailleurs la meilleure carte anti-créature du jeu : Chemin vers l’exil.

Chemin vers l'exil Magic The Gathering

Mais il ne faut pas non plus négliger la capacité du blanc à attaquer. La couleur possède d’excellente petites créatures qui se soutiendront mutuellement ainsi que des anges très puissants.

Bleu

Le bleu est la couleur du contrôle, des jeux de l’esprit et des intrigues. Les cartes bleues empêcheront l’adversaire de jouer ses sorts et lui renverront ses créatures en main. C’est la couleur parfaite pour bluffer, tromper son adversaire et l’emmener exactement là où on veut qu’il aille.

Déférence Magic The Gathering

Noir

Le noir, c’est la couleur de la mort. C’est la couleur la plus efficace pour se débarrasser des créatures gênantes, de vider la main de l’adversaire et de ressusciter nos zombies tombés au combat. Pas de place pour les faibles, seuls les puissants survivent.

Avatar du malheur Magic The Gathering

Rouge

Le rouge, c’est la passion et le chaos. C’est la couleur la plus agressive du jeu. Les cartes rouges sont rapides, dangereuses, impulsives et parfois très aléatoires. Parfois difficile à maîtriser par certains joueurs, c’est également une couleur très intéressante car explosive !

Élémental d'étincelles de l'enfer Magic The Gathering

Vert

Le vert, c’est la couleur de la puissance brute. Les cartes vertes vous accompagneront dans votre accélération de mana afin de poser des créatures énormes. C’est un peu stéréotypé, mais c’est généralement ce qu’on attend du vert : de la stabilité et de la force.

Coeur d'argent Magic The Gathering

Mélanger les couleurs

Bien entendu, un deck peut contenir plusieurs couleurs, c’est même généralement le cas : la plupart des decks contiennent 2 ou 3 couleurs différentes. Les possibilités sont alors très nombreuses et chacune de ces combinaisons de couleurs aura sa propre caractéristique, son identité.

C’est là qu’intervient également le concept de couleurs alliés / couleurs ennemies :

Pentagramme couleurs Magic The Gathering Couleurs alliés ennemies

En vert : Les couleurs alliées // En rouge : les couleurs ennemies

Les couleurs alliées sont des couleurs dont le style de jeu et l’état d’esprit les prédisposent à cohabiter au sein d’un même deck. Elles seront faciles à marier et à manipuler ensemble, le résultat sera très naturel et fluide à jouer. Vous trouverez facilement les synergies entre elles, les cartes ne se gêneront pas l’une l’autre, bref : c’est pratique et facile.

Les couleurs ennemies sont des couleurs naturellement opposées. Cela signifie-t-il qu’il ne faut pas les jouer ensemble ? Non ! Les couleurs ennemies peuvent cohabiter, cela donne même un mélange sucré-salé très satisfaisant à condition de fournir les efforts nécessaires pour créer des synergies entre les cartes. Leurs forces et faiblesses se combleront mutuellement.

N’hésitez pas à mélanger plusieurs couleurs pour créer votre deck. Pour débuter, deux couleurs offrent de belles possibilités et une stabilité facile à gérer.

4) Choix d’une plateforme afin de créer son deck

Vous avez choisit votre format, votre type de deck et vos couleurs ? OK, vous pouvez passer à la partie vraiment importante : comment créer son deck ?

Les anciens joueurs me crieront dessus si jamais l’un d’eux découvre cet article, mais je resterai campé sur mes positions : pour concevoir un bon deck lorsqu’on débute, il vaut mieux utiliser une bonne plateforme.

Qu’est-ce qu’une plateforme ? Il s’agit d’un endroit où vous pourrez chercher des cartes et créer votre deck. Tout simplement. Vous pouvez vous équiper d’une feuille et d’un crayon et éplucher le classeur de vos amis à la recherche des bonnes cartes, c’est une option. Mais ce n’est clairement pas le plus pratique lorsqu’on manque de connaissances.

Il existe des centaines de sites web sur lesquels vous pourrez trouver des decks, des idées, des cartes et créer votre propre deck : Magiccorporation (très pratique), l’excellent DeckStats (mais complexe), la Secte des Magiciens Fous… Bref, pléthore d’offres.

Mais il y en a un que je recommande particulièrement : il s’agit de MagicVille.

Ne vous laissez pas rebuter par le design un peu vieillot : ce site est exceptionnel. Sa recherche avancée est le résultat d’un travail incroyable et vous permettra toujours de trouver LA carte qu’il vous manquait. Son interface de création de deck est simple. Une fois le deck créé, vous avez accès à toutes les informations nécessaire à son amélioration :

Créer deck Magic The Gathering

La communauté est très active, la moindre question sur le forum reçoit une réponse dans l’heure, le site est régulièrement mis à jour… Bref, pour créer un deck, c’est le site indispensable.

5) Choix des cartes à mettre dans le deck

Alors, comment sélectionner les cartes qu’on aimerait retrouver dans notre deck ? Après tout, il en existe plus de 17 000… Comment s’y retrouver ?

Si vous débutez complétement à Magic et que vous ne connaissez aucune carte, je vous conseille de vous inspirer des decks des autres joueurs. Il y a forcément quelqu’un qui a plus ou moins eut la même idée que vous. Cela vous permettra de découvrir des cartes sans faire n’importe quoi. Une fois que vous aurez une meilleure connaissances des options disponibles, revenez par ici pour lire la suite.

Reprenons : comment choisir ses cartes ? Votre sélection dépend du type de deck que vous comptez jouer : une créature idéale pour un deck aggro sera une catastrophe dans un deck contrôle.

C’est également là que rentre en ligne de compte la puissante recherche avancée de Magicville :

« OK, comme mon deck mono-rouge (A) est agressif, il me faut des créatures (B) qui coûtent moins de 3 manas (C) et qui ont la célérité (D). Et vu que je joue en Modern (E), il me faut des créatures autorisées dans ce format. »

Ma recherche ressemblera à ça :

Créature Magic The Gathering

Vous vous retrouverez alors face à plusieurs pages de résultat avec toutes les créature rouges de moins de 3 manas avec la célérité et autorisées en Modern. Mais lesquelles parmi elles sont vraiment intéressantes ?

Je peux vous donner les clés afin d’identifier les cartes utiles. Alors, comment reconnaître une bonne carte Magic ? 

Il existe plusieurs cas de figure :

Cas 1 : La carte est forte, un point c’est tout

Bon, il faut reconnaître que certaines cartes dans Magic sont si fortes que leur puissance vous explose à la figure à l’instant même où vous posez les yeux dessus. Prenons par exemple le cauchemar des joueurs débutants : j’appelle à la barre l'Oblitérateur phyrexian.

Obliterateur phyrexian Magic The Gathering

Nous avons ici un l’exemple d’une bonne créature. Comment le reconnaître ?

  1. Le ratio coût de mana / puissance brute : pour 4 manas, nous avons une 5/5. Ce ratio est simple : (Force + Endurance) / 2 > Coût de mana. De plus, la créature possède le piétinement, ce qui est un atout supplémentaire.
  2. La créature possède une capacité d’évasion : une créature, ça meurt très vite. Cependant, notre oblitérateur phyrexian, en plus d’être une 5/5 piétinement pour 4 manas, peut se permettre de s’élancer au combat sans crainte car sa capacité le protège plus efficacement que n’importe quel bouclier. Qui souhaiterait le bloquer ?
  3. La créature génère du card-advantage : une partie de Magic bien menée, c’est une partie où les ressources sont correctement gérées. Le nombre de cartes que nous possédons (en jeu et en main) sont une ressource. L’objectif : faire en sorte que l’adversaire dépense plus de cartes que nous. En jouant un oblitérateur phyrexian, je suis quasi-sûr que l’adversaire perdra plus de cartes que moi pour s’en débarrasser.

Les rituels et éphémères sont plus difficiles à évaluer, mais les questions à se poser sont les mêmes : est-ce que la carte m’a généré du card-advantage ? Son coût est-il justifié ? Puis-je la jouer suffisamment tôt dans la partie ? Est-ce qu’elle gêne mon adversaire, ai-je réussi à en tirer un réel avantage ?

À noter : rituels et éphémères sont souvent très proches et génèrent les mêmes effets : infliger des dégâts, détruire une créature, piocher, etc. Sauf que les éphémères ont un avantage énorme : ils peuvent être joués n’importe quand. Un rituel, plus restrictif, devra donc apporter quelque-chose en plus par rapport à un éphémère : un effet supplémentaire, un coût en mana moins important…

Les enchantements sont également un cas à part, et les auras (enchantements sur créature) sont rarement recommandés. En effet, si la créature meurt, l’enchantement qu’elle possède sera perdu aussi. Vous aurez donc perdu deux cartes. Il y a bien entendu des exceptions, avec des enchantements comme la Rancœur ou des cartes comme la Danseuse d’esprit kor.

Les autres enchantements « classiques » peuvent être dévastateurs, même si leur utilisation nécessitent parfois quelques tours. Je pense notamment au Précepte d’Erebos : dans un deck adapté, cet enchantement peut clore la partie. Leur unique inconvénient, c’est le temps nécessaire avant d’en tirer bénéfice.

Les arpenteurs peuvent être identifiés assez facilement comme une bonne ou une mauvaise carte. Ce sont des permanents dont la puissance augmente avec le temps. On reconnaît un bon arpenteur s’il respecte quatre conditions :

  • La capacité de se protéger lui-même
  • Une synergie entre sa première et sa seconde capacité
  • Un ultimate (dernière capacité) effrayant
  • Un rapport coût/puissance justifié

Xénagos, le Fêtard
Je prends pour exemple Elspeth, chevalière errante ou Xénagos, le Fêtard qui sont deux bons arpenteurs qui respectent parfaitement ces quatre conditions. Il y a bien entendu des exceptions, notamment avec des arpenteurs plus chers comme Ugin, le dragon-esprit.

Cas 2 : La carte sert un objectif dans le deck

Parfois, lorsqu’on créé un deck, nous avons un objectif en tête. C’est notamment le cas des decks à forte synergies ou encore les decks combos.

Prenons l’exemple du deck suivant :

Deck ondin :

21 Terrains
14 Île
3 Caverne des âmes
1 Frontière tectonique
3 Mutecaveau

30 Créatures
3 Attrapeur de malédictions
2 Escroc de Cosi
4 Expert d’Ouidargent
4 Image phantasmatique
2 Annonciateur des marées
3 Commandant au casque de corail
4 Maître du Trident de perles
4 Seigneur de l’Atlantide
4 Reejerey suire

4 Artefacts
4 Fiole d’Æther

4 Enchantements
4 Mers envahissantes

1 Éphémére
1 Déférence

Deck : Frédéric TOURNADRE – TOP8 au Magic Festival Damoclès Poitiers (Modern).

Dans cet exemple, prenons l’enchantement Mers envahissantes, présent en quatre exemplaires dans le deck. La carte ne respecte aucune des conditions présentées plus haut : elle ne génère un card-advantage assez minime, n’inflige aucun dégâts, n’empêche pas l’adversaire d’attaquer… Elle peut gêner votre adversaire pour générer du mana, mais ça s’arrêtera là. En dehors de tout contexte, c’est une carte assez moyenne pour jouer en casual.

Mais la présence de Mers envahissantes est justifiée car elle est en synergie avec Maître du Trident de perles, lui aussi présent en 4 exemplaires. Ensemble, les deux cartes servent un objectif : celui de permettre aux ondins d’attaquer sans être bloqués.

6) La courbe de mana

J’ai vu trop de joueurs débutants remplir leur deck avec des Élémental d’épines, Ultimatum titanesque et autres énormes sorts qui coûtent beaucoup de manas « parce-que c’est trop fort ! ».

Oui c’est fort, mais si ça reste dans la main parce qu’on n’a pas réussi à le jouer, c’est pas terrible.

Dans Magic, il faut donc bien faire attention à la courbe de mana : qu’est-ce que vous allez jouer et quand allez-vous le jouer ?

Prenons par exemple ces deux courbes de manas, très différentes :

Aggro Magic The Gathering Controle Magic The Gathering

L’une d’entre elle est celle d’un deck aggro, l’autre d’un deck contrôle. Saurez-vous les reconnaître ?

La réponse est facile :

  • La première est bien la courbe de mana d’un deck aggro : de nombreuses cartes bon marché afin de démarrer plus vite que l’adversaire.
  • La seconde est celle d’un deck contrôle : quelques cartes pour se lancer et bloquer l’adversaire, mais une fin de partie bien plus solide avec des sorts plus gros.

Lorsque vous créez votre deck, gardez bien un œil sur le coût de vos cartes et adoptez une courbe de mana qui corresponde à votre style de jeu.

Si possible, imaginez des scénarios : quelles sont les cartes de mon deck que je serais capable de jouer au tour 1 ? Et au tour 2 ? Et faites attention : si un Oiseaux de paradis est un très bon tour 1, il ne faut pas considérer qu’une Foudre sera jouée au tour 1.

7) Choix des terrains

Une fois que le type de deck, les couleurs et les sorts ont été choisis, il est temps de s’assurer d’être capable de les jouer. Dans le processus de création de deck, la sélection des terrains ne doit surtout pas être prise à la légére car, sans les bons manas, on ne joue pas. Alors, comment choisir les bons terrains ?

Là encore, la réponse dépend trop du type de deck pour être universelle. Cependant, je peux vous donner ma méthode pour comprendre la répartition des couleurs et sélectionner le bon nombre de terrains capables de générer du mana coloré.

Prenons l’exemple du deck suivant :

10 cartes bleues + 12 cartes noires + 16 cartes rouges = 38 cartes qui nécessitent du mana coloré sont présentes dans le deck. Quels terrains choisir ? Commençons par traduire la répartition sous forme de pourcentages :

10/38 = 26% des cartes nécessitent du bleu.

12/38 = 32% des cartes nécessitent du noir.

16/38 = 42% des cartes nécessitent du rouge.

Ensuite, c’est facile : nous avons 26% de nos cartes qui ont besoin de bleu, nous devons donc posséder au moins 26% de nos terrains capables de produire du bleu. Il en va de même pour le noir : 32% et le rouge : 42%.

Attention : Cette méthode est très simpliste et ne prend pas en compte les couleurs nécessaires en début de partie. Si votre deck a besoin de mana vert pour démarrer afin de jouer Oiseaux de paradis et Elfes de Llanowar, alors une importante quantité de terrains capables de produire du vert dès le tour 1 seront nécessaires.

Pour les terrains bicolores, de nombreuses options s’offrent à vous, à vous de trouver celle qui s’adapte le mieux à vos besoins.

Enfin, testez le deck !

Et oui, la création initiale d’un deck peut prendre du temps, mais c’est bien la phase de test qui sera la plus longue. Testez votre deck contre plusieurs adversaires différents, n’hésitez pas à imprimer des proxies (des cartes temporaires) si jamais elles vous manquent avant de les acheter. Réfléchissez bien à la place de chaque carte au sein de votre deck : est-elle vraiment utile ? Vais-je la jouer à temps ? M’a-t-elle déjà sorti d’un mauvais pas ? Toutes ces questions vous aideront à identifier les cartes vraiment utiles des cartes dont vous n’avez pas besoin.

Vous pouvez également consulter l’article : Comment tester un deck ?

Et surtout, n’oubliez pas de vous amuser. Magic, c’est un jeu avant tout !

 

11 Comments

  1. Pas d’accord pour la Mer Envahissante, c’est une carte monstrueusement forte toute seule. Elle fait du deux en un dans UB Control en permettant de couper une couleur tout en générant du CA puisqu’elle fait piocher, n’oublie pas. 😀
    Dans merfolk, j’en remets pas une couche, t’en as déjà très bien parlé, elle fait du trois pour un: lock une couleur adverse, génère du CA et donne l’évasion à toutes tes créa, y compris ton mutavault.
    Et dans les decks de type « blue moon » elle est juste insupportable. Mais ne parlons pas de la Blood Moon.

    • Désolé du délai de réponse ! J’ai essayé de trouver un exemple de carte qui, vraiment toute seule et en-dehors de tout contexte, n’est pas menaçante lorsqu’on débute mais qui prend tout son sens dans un deck approprié. C’est plus dur à trouver qu’il n’y paraît ! Si tu as un meilleur exemple sous le coude, je suis preneur.
      Mais oui, je reconnais que la carte est pas mauvaise, j’ai corrigé l’article en conséquence pour modérer mes propos.

  2. Intéressant site, mais le pire dans le theorycrafting d’un deckbuilding est de lire et de choisir les cartes afin de trouver une synergie…et la quelle galère depuis Innistrad ! J’essaye de me faire un deck rouge/bleu standard aggro, tout bonnement impossible vu le maigre potentiel de l’extension qui ne comporte que le lavarunner 1/2 pour 1 mana rouge…
    Vive la nouvelle rotation 2019 !!!

    • Merci ! Oui, effectivement, le choix des cartes est un moment assez difficile lorsqu’on débute. C’est généralement cette étape qui fait abandonner les débutants.
      Le plus simple, c’est encore de s’inspirer de decks existants en attendant de connaître suffisamment de cartes pour pouvoir créer 80% de son deck uniquement de tête.
      Et oui, vivement le Core Set 2019, il est très prometteur !

    • Merci pour ce retour ! Oui, c’est un frein pour certains néophytes, mais une fois qu’on s’est lancé on ne peut plus s’arrêter.

    • Joueur depuis l’époque d’Ice Age, je ne peux qu’approuver :p J’ai découvert ton site d’après un de tes commentaires sur le site MTG Belgium sur FB!

    • Oh, un vieux de la vieille ! Moi j’ai attaqué sur Mirrodin, petit joueur que je suis.
      Merci, c’est toujours sympa de savoir comment les gens découvrent ce site. J’espère que les autres articles t’intéresseront également. Si tu as des suggestions, je serai ravi de les entendre ! 🙂

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